Social et famille

Cardinal Fridolin Ambongo : « Un pays dans lequel l’être humain n’est pas respecté dans sa dignité n’ira pas de l’avant »

Le nouveau Cardinal Fridolin Ambongo, l’Archevêque de Kinshasa, a tenu sa première conférence de presse ce mardi 12 novembre 2019. Dans ses propos luminaires, il a tenu à expliquer brièvement devant les médias congolais, ce que le Cardinal a, sa signification, sa mission, et les défis auxquels il est lié dans l’exercice de son ministère. « Qui est un Cardinal de la Sainte Eglise romaine ? » De répondre, il a entre autres expliqué qu’« Un cardinal est d’abord un citoyen romain. Il appartient à l’Etat qu’on appelle Cité du Vatican… Les cardinaux ont la mission d’élire des papes en cas de vacance, mais ils sont aussi tous éligibles. Ils ont des charges dans les diocèses de Rome ».Avant de répondre aux questions des journalistes dans la deuxième partie de cette conférence de presse, le nouveau Cardinal Fridolin Ambongo, qui va célébrer sa messe d’action de grâce ce dimanche, a décidé de se battre pour relever le défi du respect de la dignité humaine en Rdc et du rayonnement de l’Eglise catholique. Pour ce faire, Fridolin Ambongo dit qu’il n’est pas un diplomate mais un prophète qui dénonce. Et sur le plan politique, le Cardinal appelle les acteurs politiques à se réconcilier avec eux-mêmes. La meilleure réconciliation pour lui, c’est d’amener tous les politiciens à regarder tous vers la même direction, celle de l’intérêt général du peuple.Dans la chute de ses explications, il a indiqué quelques défis, « et non des obstacles », qui sont liés à sa mission en tant que Cardinal en République démocratique du Congo. Quelles sont donc les défis qu’il aura à affronter demain ? Il répond premièrement que c’est le défi de la responsabilité collective pour un avenir radieux de la Rdc. Il a promis à cet effet de revenir sur la notion de la responsabilité au cours de sa messe de prémices le dimanche prochain au Stade des Martyrs. « On ne peut pas bâtir une nation si on ne prend pas au sérieux la notion de la responsabilité. Ma responsabilité, pas seulement les yeux tournés vers les autres, leur responsabilité et la mienne… Ça c’est un défi énorme pour notre pays », a-t-il déclaré. Le deuxième défi, selon lui, c’est celui le rapprochement des cœurs de tous les Congolais, la mission de pardon et de réconciliation. « Apprendre aux fils et filles du Congo que nous sommes tous enfants d’un même père. Et ce qui nous rassemble est de loin beaucoup plus important que les petits détails, les petites opinions qui nous divisent ». Le cardinal poursuit que son troisième défi est celui du respect de la dignité humaine, surtout pour la dignité des enfants, la dignité de la femme. Un pays dans lequel l’être humain n’est pas respecté dans ce qu’il a de fondamentalement humain, sa dignité intrinsèque qui lui vient de son Dieu créateur, ce pays n’ira pas de l’avant. C’est un défi énorme que nous appelons ensemble, collectivement, à découvrir la dignité de chaque être humain, de chaque Congolais et Congolaise, et à le respecter. Enfin, du point de vue pastoral, c’est le grand défi du rayonnement de l’Eglise dans notre société. Le Cardinal n’est pas là seulement pour la promotion des valeurs humaines, mais il est d’abord au service de l’Evangile, au service de la propagation de la foi, l’intériorisation de la foi. Ce sont là quelques défis qui nous attendent. L’Eglise catholique veut une vraie gratuité qui ne va pas fragiliser le système éducatifRépondant aux questions des journalistes, le nouveau Cardinal a exprimé clairement la position de l’Eglise catholique face à la gratuité de l’enseignement lancée par le Président de la République et le Gouvernement. Il a affirmé que l’Eglise catholique soutient la gratuité de l’enseignement.  D’abord il a rappelé que le système éducatif par lequel on devait recourir aux parents, c’était pour alléger la souffrance des enseignants et permettre un bon fonctionnement du système éducatif de notre pays. C’est l’Eglise catholique qui était à l’origine. « Plusieurs fois on nous a rappelés ça sous formes de reproches : voilà vous avez commencé cette histoire, et c’est devenue un poids sur les épaules des parents ». Le Cardinal Fridolin Ambongo a déclaré que « si le Président de la République annonce la gratuité de l’enseignement, nous le soutenons. Nous sommes pour la gratuité de l’enseignement. Nous le désirions de tout cœur depuis très longtemps. Seulement nous voulons une vraie gratuité qui ne va pas fragiliser le système éducatif tel que ça existe maintenant ». Et de marteler : « Gratuité signifie, payer correctement tous les enseignants. On ne veut plus entendre parler des nouvelles unités, des effacés, des  non-mécanisés ou mécanisés mais sans salaire, etc., terminer cette affaire-là. Enfin, gratuité pour nous signifie l’Etat doit prendre en charge le fonctionnement des structures des gestionnaires, le bureau du directeur, du préfet, des coordinateurs, des conseillers, etc. Il faut que l’Etat mette des moyens conséquents au service de ces structures ».Bokulaka