Politique

RDC: Guerre ouverte contre la coalition FCC-CACH, en Occident.

 » (… ) _Les scrutins du 30 décembre ont, comme je m’y étais engagé, ouvert la voie à *un transfert pacifique et civilisé de pouvoir entre un chef d’Etat élu sortant et un chef d’Etat élu entrant,_ rêve devenu réalité.

(…) _C’est le lieu pour moi de réitérer en votre nom comme en mon nom propre nos félicitations ainsi que nos vœux de plein succès au président élu, Monsieur Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. *Qu’il soit assuré de pouvoir compter sur moi chaque fois qu’il le souhaitera et que l’intérêt du pays l’exigera.* Je le dis avec d’autant plus de force que, dans le choix fait par le souverain primaire *de ne pas faire coïncider la majorité présidentielle et la majorité parlementaire,* je dis non pas un appel à la cohabitation, *mais une exhortation pressante des leaders politiques à regarder dans la même direction, à coaliser leurs efforts* et à travailler ensemble pour la satisfaction des besoins de la population et des biens de la nation.*_
(…).
_*J’en appelle donc à une *grande coalition de toutes les forces progressistes. Coalition contre les forces prédatrices qui se sont liguées et qui tenteront toujours de se liguer pour s’accaparer de nos ressources naturelles* , sans contrepartie pour nos enfants et petits-enfants_* , Extrait du dernier discours historique à la nation de Joseph Kabila Kabange , le 23 janvier 2019.

Après six (6) mois, jour pour jour, cette vision salvatrice de Joseph Kabila – pour une coalition – vient de se concrétiser par la signature – en date du 29 juillet dernier – de « la _coalition gouvernementale_  » , entre la plate-forme majoritaire au parlement, le Front Commun pour le Congo (FCC) du Président Honoraire Joseph Kabila et le Cap pour le Changement (CACH), plate-forme de l’actuel Président de la République Antoine Felix Tshisekedi.
Ces documents de fin de négociation prévoient entre autres, l’adoption d’un programme commun de gouvernement et la mise en place d’un comité de suivi de cet accord de coalition.
Il sied de noter, que cet accord a été conclu après des concessions réciproques obtenues grâce à l’implication personnelle du président de la République actuel et celle de son prédécesseur devenu , Sénateur à vie.

Ce rapprochement stratégique entre les deux hommes – pour les intérêts de la RDC et salué par une bonne partie des congolais , a pourtant créé des mécontents , dans certains milieux à l’extérieur du pays.
D’où ces positions occidentales – à travers des grands médias mondiaux, notamment RFI – présentant l’actuel Président RDCongolais Antoine Félix Tshisekedi Tshilombo comme un Président de pacotille qui continuerait à être dirigé par son prédécesseur .

*Les mines et les finances au FCC: La goûte d’eau qui a fait déborder le vase.*

L’on constate fort heureusement, que cette guerre ouverte contre la coalition FCC-CACH a pris des proportions inexpliquées, dès que ces occidentaux et leurs agents locaux , ont appris que les finances et les mines de la RDC seront gérées par des ministres qui viendront du Front Commun pour le Congo (FCC) plate-forme de Joseph Kabila leur éternel bête noire.
Après le contrôle des deux chambres du parlement avec une majorité absolue et la gestion de ces deux ministères stratégiques au niveau du gouvernement , par la plate-forme pro-Kabila, pour ces néo-colonialistes il s’agit-là, de la fin d’un rêve , celui de la révision du nouveau code minier, celui-là même qu’ils n’avaient pas réussi à faire changé sous Joseph Kabila – alors Président de la République qui – grâce son idéologie « souverainiste  » , avait réussi à arracher l’indépendance économique de la RDC, tant souhaitée par les pères de l’indépendance.

*Au nom de la « passion » pour le Congo, J. Kabila partage le gouvernement avec CACH.*

Au lendemain de la proclamation des résultats des élections du 30 décembre 2018, la RDC s’est retrouvée dans une situation politique inédite : Un Président élu – issu de l’opposition – sans une majorité parlementaire et en face de lui, un Président sortant dont la plate-forme politique avait la quasi-totalité des députés élus.
Au propre comme au figuré, et au regard des dispositions pertinentes de la constitution – il appartenait donc à la famille politique de Joseph Kabila de former seule, le gouvernement et de s’octroyer tous les postes ministériels y compris , celui de Premier Ministre. Dans ce cas – on parlerait d’une  » _cohabitation »_ entre l’institution
 » _Président de la République_  » et un  » exécutif  » composé et animé par les membres d’ une autre famille politique.
Mais pour éviter les risques d’un tel scénario politique – le Président sortant avait plutôt, convié son successeur à une  » _coalition_ « , juste un jour avant son investiture. Chose très rare , dans le contexte politique de la sous-région, où l’on est plus ennemis qu’ adversaire politique.

Comme à l’issue du dialogue inter-congolais de Sun City en 2003, Joseph Kabila venait- une fois de plus – d’accepter de partager le pouvoir exécutif avec l’ un de ses farouches adversaires politiques – au nom de sa _ »passion »_ – pour le Congo.

*La Polémique autour du partage des postes ministériels, frise « la sorcellerie ».*

Depuis quelque temps certaines méchantes langues – au pays et à l’extérieur- sont montées au créneau – pour s’attaquer directement à la _ »coalition FCC-CACH_ », autour de réparation des postes ministeriels dans le prochain gouvernement. Elles vont jusqu’à insinuer que le Président actuel, s’est fait rouler, en laissant  » _la part du lion_  » au FCC – allusion faite – à certains ministères de souveraineté attribués à cette plate-forme notamment, les mines, les finances, la défense, les portefeuilles etc..
À notre sens – il s’agit-là, ni plus ni moins – d’une polémique qui s’apparente à la sorcellerie. Sinon comment comprendre , que l’on reproche au FCC de s’octroyer  » _la part du lion_ « , – pour emprunter leur propre terme – alors que  » _toute la part_ « , lui revenait de droit ?
Au contraire , si tous ces détracteurs avaient encore une certaine conscience – ils auraient plutôt , félicité l’autorité morale du FCC Joseph Kabila – d’avoir eu cette vision salvatrice pour le Congo, de partager  » _sa part_ « , avec son frère Felix Tshisekedi, Président de la République.

Avec une cinquantaine des députés seulement, au parlement et dans le cadre d’une  » _cohabitation_  » , le CACH – la plate-forme de l’actuel Président de la République – n’avait pas droit de participer au  » _gouvernement poste alternance « _ , que dirigera le Premier Ministre Ilunga Ilunkamba. Le CACH se contenterait uniquement de la Présidence de la République.
C’est ça la vraie vérité, telle que voulue par le souverain primaire à l’issue des élections du 30 décembre dernier.

Heureusement, qu’au CACH, il y encore des gens qui ont décidé de prendre leur courage en mains , en déclarant sur la place publique cette  » _vérité des urnes_  » , en ce qui concerne la composition du gouvernement . Malheureusement, cette réalité , n’est pas du goût de certaines puissances occidentales et même chez certains membres extremistes de la propre famille du Chef de l’État y compris dans son proche entourage .

C’est ici, le lieu de féliciter l’une des dernières sorties médiatiques du SG de l’UDPS Augustin Kabuya – l’un des négociateurs du CACH.
Dans un entretien exclusif au cours de l’émission FACE À FACE sur Top Congo FM, le secrétaire général Augustin Kabuya a évoqué entre autres, les grandes mutations que traverse son parti, et l’exerice du pouvoir dans un contexte de coalition avec le FCC de l’ex président la République, Joseph Kabila en déclarant ce qui suit : » (…) _Le gouvernement n’a même pas encore vu le jour. Mais vous commenez déjà à faire des reproches._ _Nous n’étions pas d’accord avec le PPRD et la Majorite présidentielle. Le FCC a vu le jour plus tard. Ils ont la majorité. Nous ne voulons pas faire la politique de Lumumba et Kasa-Vubu._ _**Aujourd’hui, l’UDPS a gagné les élections présidentielles et le FCC a gagné les élections législatives. On doit réfléchir là-dessus, mettre nos intérêts de côté et voir ceux de notre peuple. C’est ce qui est plus important. En 2007, le président de la République [Félix Tshisekedi] avait annoncé que si un jour, on devait composer avec le PPRD_ , _on va oublier toutes les frustrations. Et aujourdhui, nous avons regardé l’intérêt supérieur de notre peuple_ . »

Dès lors que, les choses sont si claires dans les deux camps, les observateurs objectifs de la scène politique congolaise, sont unanimes pour affirmer que cette envolée médiatique occidentale contre Felix Tshisekedi – avec des qualificatifs qui frisent l’injure – n’a qu’un seul objectif : susciter sa colère et le pousser à la faute, celle de quitter la coalition.
Que dire alors, de Martin Fayulu – candidat malheureux aux presidentielles et soutenu par les puissants miniers occidentaux qui – dans toutes ses sorties,
– a décidé de provoquer une crise frontale contre le Président RDCongolais Félix Tshisekedi, en le traitant, tantôt de pantin, tantôt de marionnette ou encore de masque de Kabila – insinuant ainsi – que c’est lui le véritable détenteur du pouvoir en RDC.
Pas plus longtemps encore, que le Dimanche dernier , dans un meeting au camp Luka, Martin Fayulu est resté dans cette logique, mais en poussant cette fois-ci, le bouchon un peu beaucoup plus loin – avec des accusations de corruption – à peine voilées – contre son adversaire : « _Kabila a pris leur mesure. Il s’est dit que je vais les avoir avec la corruption. C’est ce qui fait que les choses se passent comme elles se passent_ », a-t-il déclaré.

Comme l’avait Prévenu, le Président de la République Honoraire dans son dernier discours à la nation – et dont nous avons repris un extrait par devoir de mémoire – nous nous trouvons en face d’une situation, où toutes les forces prédatrices sont déterminées, à réunir toute leur force et stratégies pour combattre la coalition FCC-CACH.
Les congolais se retrouvent une fois de plus, devant un rendez-vous historique – celui former un bloc – autour de cette coalition et de barrer la route – à cette énième tentative occidentale, pour le contrôle de la RDC au sommet de l’État et avoir une main mise, sur ses énormes potentialités minières.

Guy MOMAT
Analyste Politique.