Politique

De Félix Tshisekedi et Martin Fayulu, qui est le plus indiqué pour recevoir l’investiture du peuple ce dimanche 23 décembre ?

POURQUOI J’AI CHOISI FELIX
De Félix Tshisekedi et Martin Fayulu, qui est le plus indiqué pour recevoir l’investiture du peuple ce dimanche 23 et représenter l’alternance
attendue par le peuple ? Mon avis est que c’est
Félix Tshisekdi, et pas Martin Fayulu.

Démonstration.

Pourquoi je n’ai pas choisi Fayulu
Martin Fayulu n’est pas celui que l’on croit. C’est plutôt quelqu’un qui a bien réussi à dissimuler sa personne, et quoi de mieux pour cela que de se faire passer pour l’enfant docile du tshisekedisme ?

Primo : qu’on se souvienne que si André Kimbuta
est aujourd’hui Gouverneur de la ville en lieu et
place d’Adam Bombole, le candidat MLC de
l’époque, c’est par la voix de Martin Fayulu, contre espèces sonnantes et trébuchantes semble-t-il. Le fait a fait l’objet de chroniques sulfureuses.

Secundo : A Genève, Martin Fayulu a « MENTI » à Félix en lui promettant de voter pour lui comme candidat commun, alors qu’en réalité, il
conjuguait la langue tribale avec Muzito et Matungulu pour damer le pion à son ami. Félix lui a posé publiquement la question « peux-tu répéter devant le monde ce que nous nous sommes dit,
toi et moi, avant la rencontre de Genève ? ».
Martin Fayulu n’a jamais répondu jusqu’à ce jour.
Si on a été capable de trahir un ami de longue date, dès la première opportunité, qui ne trahirez-vous à la seconde ?

Tertio : Martin n’a jamais pris la tête de la coalition LAMUKA que comme mandataire de Katumbi et de Bemba, et non pour le peuple congolais. En retour, il gagne en visibilité politique et en affaire car, on n’imagine pas qu’il
n’épargnera pas un peu de ces millions mis à sa disposition pour sa campagne à l’américaine. Au
final, élu ou pas élu, Martin a déjà atteint son objectif. Le reste lui importe peu. Katumbi et Bemba voulaient l’arrêt des élections pour qu’ils aient la chance d’y participer, eux qui, on le reconnaît, ont été injustement exclus de la course.
L’argent amène la visibilité, le peuple congolais accourt au spectacle et applaudit toute personne qui tient la dragée haute au pouvoir honni. On l’a
vu déjà par le passé avec d’autres, comme Olenghakoy il y a un quart de siècle. Mais vite
arrive l’incohérence: comment dépenser des millions, drainer du monde, et jeter la soudaine et inattendue popularité aux orties ? En réalité, ce
n’est pas LAMUKA qui appelle le peuple à voter avec ou sans la MAV, mais l’inverse. Ils y sont contraints. La preuve, Martin Fayulu a toujours
les yeux baissés quand on lui pose la question là-dessus.

Pourquoi j’ai choisi Kamerhe
Il a été longtemps reproché des choses à Vital
Kamerhe. Martin Fayulu, notamment, a menacé de quitter le rassemblement si jamais un jour Kamerhe y était admis. Mais que reproche-t-on à
Kamerhe au juste ? De la fumée en réalité.
Par contraste, on peut s’apercevoir que Kamerhe est
d’une franchise des bangala. Il dit ce qu’il pense, il aime qui il aime, et il rejette qui il rejette. Il ne se cache pas. En pleine lumière aux premières
heures du PPRD, il a osé dire qu’il serait un jour candidat président de la République, et il a fustigé à haute voix le tripatouillage politico-financier
dans le Kivu. Ce courage, personne ne l’a eu aujourd’hui et le FCC s’est vu imposer un dauphin béatement souriant et silencieux alors
que Matata Ponyo, Kin Kiey ou Aubin Minaku piaffaient de désir et auraient présenté des atouts,
nonobstant le bilan catastropheux (oui, j’invente le mot), du régime. Depuis, le pouvoir n’ont eu de
cesse de prétendre que Kamerhe était leur agent dans l’opposition, pour contrer ses mouvements
dans cet hémisphère politique, tandis que certains dans l’opposition lui tiraient dessus par crainte d’un partenaire difficile à contenir. Sa jonction aujourd’hui avec Fatshi est la preuve, s’il en fallait, qu’il est bel et bien parti du pouvoir depuis zamani.

Pourquoi j’ai choisi Tshisekedi
Félix Antoine est un Tshisekedi 2.0, c.-à-d. l’héritage du père Etienne épuré de certaines scories politiques, notamment la rigidité politique.
Félix a été d’abord prêt à accepter la désignation de Martin comme candidat commun, au nom de la démocratie. C’est un signe qui ne ment pas.
Ensuite, Félix a montré également l’humilité. Il a
accepté de subir les quolibets plutôt que de trahir la base, le peuple, le souverain primaire. Tout
comme Vital. La presse internationale et des
éditorialistes d’ici et d’ailleurs se sont improvisés donneurs de leçons et moralisateurs. Mais le peuple ne s’y est pas trompé ; il leur a réservé un
accueil mémorable à leur retour de Nairobi. Enfin,
en signant le ticket avec Vital Kamerhe, lequel a toujours été repoussé par Etienne, Félix montre qu’il a non seulement des aptitudes politiques
mais aussi des valeurs humanistes et morales.
La force d’un chef moderne n’est pas dans son auto-admiration, mais dans sa capacité de
fédérer les qualités autour de lui. Et cela Félix le montre suffisamment aujourd’hui pour qu’on se mouille pour lui. Voilà pourquoi, Quod Erat
Demonstrandum , moi qui ne fut pas un grand admirateur du Père, j’ai choisi de voter le dimanche 23/08, le candidat n° 20.

Serge Gontcho
Analyste Politique.