Santé

7 Questions à Docteur Jean-Jacques Kengo sur la dermatite atopique

Depuis plusieurs années , le docteur Jean Jacques Kengo exerce la profession demédecin pédiatre et allergologue. Il a travaillé pendant longtemps en Afrique, plus précisément en République Démocratique, notamment à la clinique Ngaliema de Kinshasa dans les années 90. Dorénavant, il exerce la pédiatrie dans un grand hôpital en Belgique. Au cours d’une interview accordée à votre rédaction, le Dr Kengo s’est exprimé sur les causes et effets de la dermatite atopique.

Ci-dessous l’intégralité de l’exposé: 

Comment reconnaître la dermatite atomique ?

Deux choses à retenir, des démangeaisons et une peau sèche avec des hauts et des bas, donc des périodes plus intenses et des périodes qui vont mieux.

Est-ce que la dermatite atopique est une maladie allergique ?

C’est un défaut de la peau, le point de départ c’est une peau de mauvaise qualité. Imaginez que la peau serait un mur de briques lié à du ciment. Et la peau de ceux qui ont de l’eczéma, le ciment est de mauvaise qualité, et ils ont une peau est fragiletrès sèche, qui gratte beaucoup. Ce n’est pas à proprement parler une maladie allergique. L’allergie ne concerne qu’un enfant sur trois.

Est-ce que la dermatite atopique a une cause génétique ?

Il y’a des causes génétiques. Dans la population générale, 10 à 20% des enfants ontde l’ eczéma, mais si un des parents, a de l’ eczéma, le risque que l’enfant l’ait, atteint 40 % soit le double. Si deux parents ont de l’ eczéma, le risque d’avoir de l’eczéma est de 60 %. Et si les deux parents et leur enfant aîné ont de l’ eczéma, le risque est le 70 %. Il y’a donc des causes génétiques.

Il existe des facteurs favorisant la dermatite atomique ?

Oui. Comme la pollution. On a remarqué que ceux habitent aux proximités des axes routiers, sont beaucoup plus à risque d’eczéma. La pollution joue un rôle, tout comme l’exposition de tabac. Par-là, on a remarqué que les enfants dont les parents fument ont plus de risque d’avoir de l’eczéma. Le mécanisme n’est pas bien compris mais ce sont des constats. Enfin ceux qui ont peu d’enfant (1 ou 2), c’est rarement lecas pour en Afrique, sont plus à risque d’éczéma également.

Comment éviter la dermatite atopique ?

On peut l’éviter par un allaitement prolongé. Si la mère, comme c’est souvent en Afrique allaite plus de trois mois, voire six mois, c’est déjà une bonne prévention. Une autre prévention est l’hydratation. Nous autres africains, avons souvent une peau sèche, mais cela ne veut pas dire que nous avons eczéma, mais hydrater la peau de son bébé. C’est déjà prévenir l’eczéma. Pour hydrater, nous pouvons mettreune crème hydratante, du beurre de karité ou de la vaseline.

 Est- ce que le stress constitue aussi un des éléments facteurs de la D.A ?

Le stress est un facteur qui peut provoquer une poussée. On a déjà dit que l’ eczémaest une maladie qui évolue par poussées et rémissions. Le stress, notamment pour les enfants et adolescents peut se produire, lorsqu’il y’a par exemple un deuil dans la famille. Il ne faut pas oublier que la peau et le cerveau ont la même origine embryologique. C’est-à-dire dans le ventre de la maman le point départ de la peau etdu cerveau est la même. Effectivement, les liens entre émotions et la peau sont très fort.

Faudrait-il changer l’ aliment en cas de D.A ?

L’allergie comme j’ai dit touche 30 % des enfants qui ont l’ eczéma. Donc, 2/3 n’ont pas d’allergie alimentaire. Parfois ça paraît évident quand les parents disent que quand l’enfant mange des oeufs, des arachides ou du poisson, il a une poussée d’eczéma. Les parents font, alors, le rapprochement, parfois ça ne paraît pas aussi clair. On doit faire des recherches. On peut faire de tests cutanés, et identifier l’aliment en cause, si c’est clairement identifié, il suffit d’éviter de manger cet aliment et on aura moins de poussés.

Propos recueillis par Béni Kinkela