Monde Politique

KABILA PEUT REMPILER AU GRAND DAM DES CAPITULATEURS DE LA MP!

Le chercheur Jean-Cyrus Mirindi Batumike s’est dit étonné que c’est l’opposition et la société civile soient les seules qui continuent à valider sa thèse scientifique. Certes, chacune de ces composantes s’exprime selon ses moyens dialectiques spécifiques. Il convient de noter que c’est bien le professeur Joseph Yav, de la société civile, qui était le premier à dire tout haut la plausibilité rationnelle de la pertinence de la thèse, en suggerant la saisine de la Cour constitutionnelle.

 

Il sera suivi par le professeur Sam Bokolombe de l’opposition ( Ensemble de Moïse katumbi ). Ce dernier, dans une publication sur sa page Facebook, est allé  plus loin en suggérant à la majorité présidentielle de proposer Kabila comme candidat président de la république et qu’il puisse déposer sa candidature à la CENI. Et ensuite, la Cour constitutionnelle pourrait valider – éventuellement – suite à la thèse scientifique en rapport avec le comptage de mandat.

 

Maintenant, c’est probablement Georges Kapiamba, de la société civile, qui serait le commanditaire de l’article publié par le site d’information « Afrique la libre » qui suggère qu’il puisse y avoir une équipe, citant quelques noms, qui  travaillent avec la Cour constitutionnelle pour la faisabilité et l’operationnalité des différentes étapes du dépôt de la candidature de l’actuel Chef de l’État.

 

Si l’opposition et la société civile sont honnêtes envers elles-mêmes et s’inclinent face à ce qui paraît comme des évidences scientifiques, convaincues que le bénéficiaire de cette thèse scientifique, bien que neutre, va la consommer, il appert tout même assez étonnant de constater qu’il n’y ait aucun signe d’appropriation de la part des concernés, soit-il dit: les bonzes et les thuriféraires de la majorité présidentielle.

 

Il y a quatre obstacles essentiels qui empêchent que la majorité présidentielle de la consommer:

 

1) Le premier obstacle relève de l’amour-propre du fait que cette thèse scientifique ne soit pas sortie de leur laboratoire,  créant ainsi une méfiance, mieux, une réelle jalousie. En effet, comment ceux qui sont dotés des moyens financiers et humains considérables, n’ont pas pu voir cette brèche juridique incontestable qui les prémunit du recours à haut risque au référendum en faveur de l’actuel Chef de l’État? Car le glissement est, entre autres, la réponse aux intentions réelles inavouées.

 

2) Problème de dauphinat peut-être! Car valider et s’approprier par le sérail de la kabilie cette thèse scientifique, équivaudrait à oublier leurs candidatures ou leurs calculs de positionnement réciproques. Positionnement empreint d’alliances parfois contre nature du type: « si le Chef vous choisit, moi je vous soutiens et vice-versa. C’est le bal des dauphins et leurs deals réciproques.

 

3) Le mercenariat politique du fait que certains seraient déjà recrutés bien avant et d’autres récemment par des puissances étrangères ainsi que par des pions et espions de l’autre camp. Avec l’objectif secret de censurer, d’étouffer, de tamiser, de filtrer tout ce que le « boss » doit savoir  et le conditionner doucement et poliment, et avec une détermination feutrée, à la porte sortie! Donc, ils sont payés pour ça: faire peur et user des chantages politique, social et diplomatique à l’égard du Chef de l’État actuel. Avec, en sus, une extrapolation digne d’un film hollywoodien apocalyptique et alarmiste, alors que les données géostratégiques  internationales démontrent sans effort le contraire de leurs schémas.

 

4) La difficile honnêteté, l’insuffisante loyauté et de la conjoncturelle fidélité au Chef. Car, ils ne savent pas comment faire machine-arrière du fait d’avoir conditionné leur autorité morale à un schéma de capitulation politique éhontée dans un contexte régional où des plus vieux et plus anciens Chefs d’Etat en Afrique centrale ont rempilé sans émouvoir le monde entier.  Pauvre Kabila, le chef craint, mais mal aimé de son entourage et de ses cercles concentriques.

D’autre part, les derniers événements successoraux en Angola, au Zimbabwe et en Afrique du Sud, loin de corroborer au contexte interne en RDC, ont néanmoins apporté de l’eau au moulin des capitulateurs de la majorité présidentielle kabiliste. Plus loin, sans mots dire, ces capitulateurs feraient miroiter ce qui semblerait la voie indiquée à l’égard de l’actuel Chef de l’État de subir le sort de l’ancien président zambien Frederic Ciluba qui avait fait la prison par la volonté de son dauphin pour une affaire de factures… des vêtements.

 

Aussi, les cas plus récents en Afrique australe confortent les capitulateurs. En Angola où le nouveau Chef d’État, João Lourenço, a fait coffrer le fils de son prédécesseur Edouardo Dos Santos et limogé sa fille. Ce qui se passe chez ce voisin est interpellateur, car dit-on: « une pierre lancée à un corbeau, toi l’hirondelle ne te réjouis pas ni ne rit, car demain ça peut être ton tour ».

 

Le camp de Lourenço en Angola fait tout pour démolir le reste des fidèles de l’ancien président Edouardo, qui vient par ailleurs de perdre le contrôle du parti, le seul verrou qui lui restait. Ceci, pour lui éviter toute possibilité de revenir aux affaires de par lui même ou par ses lieutenants, pour sauver son honneur ainsi que sa famille biologique comme Wade avait tenté de le faire au Sénégal pour tirer son fils Karim de la vengeance de Macky Sall.

 

Ceci dit, l’organisation de la succession, vitale à tous égards, ainsi que l’esprit républicain, en terme de consensus national et en terme de protection et de statut des anciens présidents et de leurs familles, s’avèrent utiles. Au stade actuel, seuls les médias mènent le vrai débat quant au sort juridique de l’actuel Chef de l’État vu sous l’angle purement scientifique. Il s’agit d’une simple analyse neutre, qui ne vise personne.

 

Béni Kinkela.