Politique Sécurité

She Okitundu formel: « la résolution 2409 n’a donné aucune directive à la MONUSCO à propos du processus électoral ni dans l’application de l’accord politique »

Le vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Leonard She Okitundu, a au cours d’une conférence de presse de ce mardi 02 avril 2018 reaffirmé la position du gouvernement sur la conférence de Genève du 13 avril prochain.

A l’en croire, le gouvernement a notifié par, son canal, le secrétaire général des Nations-Unies dans une correspondance en date du 31 mars dernier.« Dans ce document, nous avons fait part au secrétaire général des Nations-Unies notre étonnement de voir la RDC classer en L3, c’est-à-dire le niveau de gravité le plus élevé. Catégorisation qui projette une image de catastrophe extrême et généralisée », a fait savoir Léonard She Okitundu, patron de la diplomatie congolaise.

Il rejette donc le fait que la situation humanitaire de la RDC soit assimilée à certains pays du monde «où se déroule des guerres à haute intensité engageant des armées de plusieurs pays avec des bombardements massifs et récurrents depuis de nombreuses années et accompagné d’un effondrement de l’Etat ».

Pour lui, cela n’est absolument pas le cas en RDC qui fait plutôt face à « des attaques non conventionnelles et asymétriques des groupuscules terroristes et des groupes armés criminels ».

She Okitundu s’insurge donc contre l’exagération dans la description de la crise humanitaire congolaise qui ne correspond nullement  à la réalité sur le terrain.

« Elle est même contreproductive pour l’image de marque et l’attractivité de notre pays, et agit comme repoussoir pour les investisseurs potentiels en RDC. Ce qui va à l’encontre de l’intérêt majeur des populations congolaises », a-t-il soutenu.

Par ailleurs, le chef de la diplomatie nationale a donné également la position du gouvernement quant à la résolution 2409 du Conseil de sécurité de l’ONU qui renouvelle le mandat de la MONUSCO.

« Nous prenons acte de la décision du Conseil de sécurité qui renouvelle le mandat de la MONUSCO. Il est demandé à la MONUSCO de protéger les civils et d’appuyer la mise en oeuvre de l’accord, pas plus… » a déclaré l’ancien sénateur.

Selon lui, l’ONU devait renforcer la mission de la MONUSCO pour lutter contre les groupes armés.

« Nous aurions souhaité que le Conseil puisse mettre un accent particulier sur l’éradication des groupes armés, principale menace contre les populations civiles mais on accepte ce qui est fait… »a ajouté She Okitundu qui précise que la résolution 2409 n’a donné “aucune directive” à la MONUSCO à propos du processus électoral ni dans l’application de l’accord.  Il s’agit plutôt d’une tâche d’appui et d’accompagnement technique et politique par le biais de bons offices pour l’accord. Cependant a-t-il précisé, les protagonistes de l’accord au travers du CNSA sont les premiers responsables de l’application de l’accord, les bons offices de l’ONU sont donc subsidiaires.

Sur la question de la décrispation, Léonard She Okitundu a tenu à rappeler que ce sujet ne doit pas être considéré comme une exigence unilatérale à la charge des autorités et doit concerner tous les acteurs politique de la Majorité, Opposition et de la Société civile dont l’église catholique ainsi que les partenaires internationaux qui doivent poser des actes dans le sens souhaité, celui d’accompagner constructivement, d’une manière paisible, le processus politique qui doit mener aux élections

Sur le plan de retrait de la MONUSCO, She a dit avoir fait savoir au Conseil de Sécurité « que ce mandat était considéré comme l’avant-dernier avant un retrait définitif de la force après 20 ans de présence dans notre pays ». Ainsi,  Le Gouvernement salue « la prise en compte par le Conseil de Sécurité  de son exigence de l’adoption d’une stratégie de retrait de la mission, échelonnée, coordonnée et exhaustive en collaboration avec le Secrétaire Général ». « Des discussions à cet effet dans le cadre du dialogue stratégique seront convoquées avec la MONUSCO pour établir un échéancier » conclut-il.