Développement

La Rdc, véritable pays des paradoxes

13.01.2011, Kamatanda bei Likasi, Provinz Katanga Ein artesanaler Mineur in der Kupfer- und Kobaltmine von Kamatanda am Anfang seines Loches, welches 30 bis 40 Meter in die Tiefe führt. Der Abstieg erfolgt ohne Leiter oder Seil mit reiner Muskelkraft.
Schätzungsweise die Hälfte des globalen Kobaltverbrauchs stammt aus dem Kongo, davon wird wiederum die Hälfte artesanal gefördert.

Le Congolais est très pauvre alors qu’il est assis et il dort sur des minerais. Non loin de lui il y a du pétrole, du gaz, etc., mais il manque d’énergie. Il dort dans l’obscurité alors qu’à côté de lui il y a des sites énergétiques. Le Congolais est cet homme qui dort affamé alors qu’il a à côté de lui une grande forêt, des vastes pâturages, des rivières et lacs poissonneux. Il a soif et il manque d’eau potable pendant qu’il est entouré des grandes eaux. Paradoxalement congolais, des cas sont légion…

La République démocratique du Congo est un véritable pays des paradoxes : potentiellement très riche en ressources naturelles, mais sa population est excessivement pauvre. Avec des innombrables ressources minières, forestières et voire pétrolières et gazières, mais plus de trois-quarts de la population congolaise croupit dans une misère indescriptible.

Le pays ayant une forte potentialité agricole, avec 80 millions des terres arables (dont seulement 10 % sont utilisés), des ressources halieutiques inégalables et des plus grandes forêts, mais la plus grande majorité de la population congolaise reste encore très affamée jusqu’à ce jour. Des experts estiment à plus de deux millions de tonnes de vivres que la Rd Congo importe chaque année via ses ports de Matadi et de Boma dans la province du Kongo central, et aux voies frontalières de Kasumbalesa (dans l’ex Katanga).

Notamment, le poisson, la viande de bœuf ou de porc, les poulets ou autres volailles, le sucre, le riz, les œufs, les épices, la farine de blé, et tant d’autres aliments. Et cela coûte annuellement à l’Etat congolais près de deux milliards de dollars américains.

En dépit du volume de ces importations, les spécialistes indiquent que plus de 70 % de la population congolaise vit encore dans une insécurité alimentaire accrue. Actuellement, la Rdc figure parmi les pays où la sécurité alimentaire est encore très loin d’être garantie. Aussi, continue-t-elle à ce jour de présenter le taux de malnutrition le plus élevé au monde.

Possibilités de donner à manger aux Congolais

Pourtant, c’est le deuxième pays à travers la planète, après le Brésil (actuellement premier pays agricole du monde) possédant le plus d’espace agricole non encore utilisé. A partir de ses immenses et diverses potentialités, la Rdc est à même de développer son agriculture familiale et pouvoir produire suffisamment de la nourriture pour ses populations et ainsi, assurer véritablement la sécurité alimentaire dans le pays.

Voilà pourquoi, une politique adéquate de développement agricole dans le pays s’avère indispensable. C’est-à-dire, commencer par promouvoir véritablement l’agriculture familiale, ensuite, intensifier l’agro-industrie à travers le pays. Ce, afin de garantir une production agricole suffisante pour la sécurité alimentaire des Congolais.

Il faudrait aussi savoir que la Rdc possède un potentiel halieutique vraiment exceptionnel. D’abord, elle s’ouvre à l’océan pacifique à partir de la ville de Moanda au Kongo central. Rien qu’une compagnie de pêche à la côte, et Kinshasa ne va plus consommer des surgelés du poisson importé.

Le pays est également parsemé par le majestueux et grand fleuve Congo, l’un des plus longs et plus puissants du monde. Plusieurs rivières et cours d’eau s’y jettent, tous contiennent d’innombrables et diverses espèces aquatiques.

Donc, le Gouvernement, via le Ministère de tutelle, peut tout simplement organiser, de la pêche, de l’aquaculture et même de la pisciculture à l’échelle nationale, pour enfin fournir suffisamment du poisson frais d’eau douce du fleuve à la population congolaise. Puisque, la pêche artisanale pratiquée actuellement dans le pays est très loin de satisfaire au besoin des Congolais.

Il sied de noter surtout que la Rdc compte près d’une centaine de lacs dont une dizaine sont parmi les plus vastes, voire les plus poissonneux d’Afrique, pourquoi pas du monde. Tels que Tanganyika, Kivu, Edouard, Albert, Tumba, Mwero, Maï-Ndombe, Munkamba, etc. Grâce à ces lacs, l’Etat congolais pourra également développer de la pêche industrielle et produire le poisson du lac.

Pour ce qui est du développement de l’élevage, l’on n’en dira pas plus, parce que la Rdc a, non seulement de l’espace suffisant pour cela, mais aussi des conditions propices. Voire même le climat est favorable pour toutes les activités tant agricoles, de la pêche que de l’élevage.

Avec de l’eau, le Congolais a soif et est sans électricité

La Rdc est également un pays à forte potentialité hydrologique mais avec un taux, presque le plus faible au monde, de la population ayant accès à l’eau potable. L’on estime à ce jour à moins de 30 %, la moyenne de la population congolaise qui a accès à l’eau potable.

Pourtant, le bassin hydrographique du Congo est la 2ème réserve mondiale d’eau douce après le bassin de l’Amazonie au Brésil. Il s’étend sur 3.822.000 km² et recouvre environ 20 millions d’hectares de forêts inondées. Ses ressources sont partagées par une dizaine de pays d’Afrique.

Un autre plus paradoxe congolais gravement incompréhensible est celui d’un pays possédant un potentiel énergétique inestimable, mais qui connait un déficit criant avec plus de 80 % de sa population n’ayant pas accès à l’énergie électrique. A ce jour, l’on estime à seulement 15 % la moyenne de la population congolaise ayant accès à l’électricité. Et à cause de la vétusté des infrastructures énergétiques, la République démocratique du Congo arrive même à importer de l’électricité des pays voisins pour desservir certains coins du pays.

Pourtant, le pays regorge, rien que pour l’hydroélectricité (sans compter les autres énergies telles que solaires, éoliennes, etc.), la capacité de produire plus de 100.000 mégawatts (Mw) d’énergie électrique (répartis dans plus de 780 sites hydroélectriques) et ainsi, pouvoir même électrifier toute l’Afrique.

La principale cause de ces différents paradoxes congolais ci-haut évoqués, dont la liste n’est pas exhaustive, c’est surement l’instabilité politique que connait le pays depuis son accession à l’indépendance. Mais surtout, la mauvaise gouvernance de la République et la megestion dont le pays est victime de la part de ses dirigeants à travers différents régimes.

Des solutions aux paradoxes

Quant aux solutions à ces différents paradoxes qui font la honte même du peuple congolais tout entier, nous estimons que l’Etat congolais doit d’abord commencer à prendre ses responsabilités en main. Le Gouvernement de la République a le devoir de mettre en œuvre des vastes politiques qui soient objectives et essentielles pour un véritable développement du pays.

Au lieu de se préoccuper tout simplement des enjeux politiques pour le besoin du pouvoir, les autorités qui dirigent le pays, à qui incombe toute la responsabilité du développement de la Rdc et le bien-être de la population congolaise, devraient plutôt prendre conscience de l’état très déplorable de la détérioration de la vie nationale. Et ainsi, s’activer pour pallier à cette situation globale tellement mauvaise qu’elle semble ne plus trouver des solutions.

Voilà pourquoi, il faudrait donc penser à la refondation de l’Etat congolais. Premièrement, il faudrait que, de la base au sommet, les Congolais soient respectueux de différents textes de loi, à commencer par la Constitution qui est la Loi fondamentale. Mais d’abord les autorités du pays doivent absolument commencer par respecter la loi avant de la faire respecter.

C’est le cas concernant les ressources naturelles du pays. Si l’on veut qu’elles puissent réellement contribuer au développement du pays, il faille que les gouvernants veillent à l’application stricte des lois qui sont promulguées dans les secteurs des ressources naturelles (mines, pétrole, bois, etc.). Notamment, le nouveau Code minier, le Code forestier, etc. Ils doivent surtout s’appliquer à une gestion rigoureuse et transparente des richesses du pays, bannissant toute sorte d’opacité, et au contrôle scrupuleux des industries extractives.

Le paradoxe congolais d’un pays potentiellement riche sur le plan agricole, mais dont la population est affamée n’est pas aussi sans solution. C’est seulement question d’organisation et de volonté. Le gouvernement congolais doit pour cela placer le secteur de l’agriculture en priorité. Puisqu’il est vital et le premier des besoins sociaux de base à côté de la santé et de l’éducation.

Il n’est pas un secret que le développement de la Rdc doit partir par le développement rural. Or, le développement rural c’est d’abord le développement de l’agriculture. En d’autres termes, la Rdc ne peut se développer sans le développement de son milieu rural.

Voilà pourquoi, il faut que l’Etat congolais fasse de l’agriculture, son premier secteur générateur des revenus, en exploitant convenablement les ressources agricoles du pays. Pour ce faire, il va falloir augmenter conséquemment la part allouée à l’agriculture dans le budget national.

Le Gouvernement de la République ferait œuvre utile de s’investir solidement dans la protection de la forêt du bassin du Congo ainsi que dans le développement d’une agriculture familiale intensive et productrice à travers tout le territoire national. Et cela va à coup sûr déclencher le développement rural et par conséquent, de tout le pays. Au lieu d’accepter de l’aide structurelle, il faudrait plutôt que l’Etat congolais puisse exiger de l’investissement dans le secteur de l’agriculture.

Dans ce même registre, il faut signaler que la Rdc est un pays à hydrographie impressionnante. A cet effet, les Congolais ne doivent jamais souffrir du manque d’accès à l’eau potable. Si cela est le cas aujourd’hui, c’est justement à cause de la mauvaise gouvernance du pays. Ce pays qui a la mal chance d’avoir depuis toujours des autorités moins consciencieuses.

Toutefois, la République démocratique du Congo est à ce jour dotée d’une loi sur l’eau. Pour arriver à donner de l’eau potable à tous les Congolais, l’Etat doit appliquer et faire appliquer scrupuleusement les prescrits de cette loi. Et une politique gouvernementale adéquate pour l’accès des populations à l’eau potable s’avère donc très indispensable. Ce qui permettra à la fois à la Regideso, au Service nationale d’hydraulique rurale (SNHR) comme à d’autres services étatique, de pouvoir couvrir tout l’ensemble du pays en desserte d’eau potable.

Et face à la croissance rapide de la démographie en zones urbaines et périurbaines, des experts pensent qu’il faut trouver des solutions novatrices, accessibles aux pauvres. Pour combler leur besoin en eau potable, les populations pauvres dans ces milieux pré et périurbains ont parfois développé leurs propres initiatives avec l’assistance d’ONG et de bailleurs de fonds.

Valoriser des sites énergétiques pour éclairer les Congolais

Quant à la solution pour l’accès des populations à l’énergie électrique, il faudrait également une politique nationale convenable et une gestion efficiente du secteur. Le tout est légiféré, puisqu’il existe en Rdc une loi sur l’électricité.

Et dans la recherche des solutions pour relever ce défi du déficit énergétique à travers le pays, l’Etat congolais doit s’investir dans la finalisation de différents projets spécifiques dans le secteur de l’électricité, à court terme. Entre autres, l’achèvement total du barrage de 13,8 Mw à Matebe, dans le territoire de Rutshuru au Nord-Kivu ; de la réhabilitation des centrales d’Inga 1 et 2 au Kongo central, celle de Tshopo dans la nouvelle province de la Tshopo ainsi que celles de Nseke et Nzilo dans le grand Katanga qui devrait porter le productible de 800 Mw à 1.300 Mw.

Il y a lieu de noter aussi la finalisation des centrales de Zongo 2 dans le Kongo-central, de Kakobola dans la province du Kwilu et de Katende dans le Kasaï-central, qui, ensemble, devraient produire près de 230 Mw ; etc. Et à moyen terme, le Gouvernement de la République devrait déjà lancer le projet Grand Inga, notamment, par la construction du barrage d’Inga 3 basse-chute devant produire 4.800 Mw, dont 2300 Mw seront destinés à la satisfaction de la demande intérieure.

L’entrée en opération de ces différents ouvrages, avait indiqué le Chef de l’Etat, devrait ainsi améliorer le taux de desserte en électricité qui reste encore faible à travers le pays, par rapport à la moyenne africaine de 30 %. Après quoi, le Gouvernement pourrait poursuivre dans le pays la réalisation des centrales hydroélectriques, surtout en exploitant suffisamment le site énergétique d’Inga (qui regorge à lui seul 40 % du potentiel énergique du pays en hydroélectricité).

Ce qui convient pour l’Etat de lancer d’abord les travaux du projet Grand Inga, à commencer par la réalisation du barrage Inga 3 basse-chute, jusqu’à atteindre le barrage Inga 8.

Nous avons dit !

Lepetit Baende