Développement Politique

Elysée Munembwe échange avec les femmes du Kivu

Mme Elysée Munembwe, le questeur de l’Assemblée nationale, a accordé une audience samedi denie1209r dans son cabinet national au Palais du peuple, à une délégation des membres du Réseau des femmes en action pour la paix durable (FAPD). Cet échange a tourné autour des lois quelques lois encore en discussion au niveau de la Chambre basse du Parlement.

Parmi lesquelles, le projet de loi modifiant et complétant la Loi n°06/006 du 09 mars 2006 portant organisation des élections présidentielle, législatives, provinciales, urbaines, municipales, et locales telle que modifiée (loi dite électorale) ; la proposition de loi relative à la protection et à la responsabilité du défenseur des droits humains ; le projet de loi modifiant et complétant la loi sur les Asbl et aux établissements d’utilité publique.

Ainsi, cette délégation est venue rencontrer Mme le questeur en vue de solliciter la représentativité de la femme sur les listes électorales, ainsi que le respect des résolutions des Nations Unies en ce qui concerne la parité.

Mme le questeur explique : « Elles sont là par rapport à la loi électorale qui est entrain d’être examiner au Parlement, et d’autres différentes lois qui concernent la femme, les droits humains, les Absl, etc. Elles sont venues apporter un plaidoyer, d’abord en ce qui concerne la loi électorale. Puisqu’elles sont inquiètes de la non-prise en compte de l’article sur la participation de la femme à la vie politique. C’est-à-dire qu’il y a un article qui devait intégrer la prise en compte des femmes sur les listes électorales. Mais elles sont inquiètes par rapport à cet article. Et elles sont venues pour un plaidoyer à ce sujet. Elles sont venues encore pour un plaidoyer par rapport à la loi sur la protection des défenseurs des droits humains. C’est une loi qui est à la table du Parlement, qui est sous examen. Et nous leur avons assuré que c’est une loi qui évolue. Si elle n’est pas votée au cours de cette session, elle sera votée surement au cours de la session ordinaire prochaine. Elles sont aussi venues par rapport à la loi sur les Asbl. Pour elles, le contenu de cette loi ne protège pas la liberté de fonctionnement des Asbl en République démocratique du Congo. Nous avons répondu que c’est une loi qui est encore sous débat. Et qu’il y aura des amendements. Et s’il y a des mandements, il faudrait qu’elles viennent pour les intégrer ».

Et d’ajouter : « Nous avons échangé aussi sur différents sujets. Elles avaient des préoccupations par rapport au seuil de représentativité électorale et par rapport à la machine à voter. Nous avons essayé d’expliquer par rapport à notre compréhension de la réforme qui est entrain d’intervenir aujourd’hui en ce qui concerne la Loi électorale. Nous avons dit qu’il y a aujourd’hui plus de 700 partis politiques en Rdc. Et d’ici à la convocation de l’électorat, nous pourrions arriver à 1.000. Est-ce que c’est un coup sur le budget de la Nation, alors que nous avons des difficultés de faire étudier nos enfants, nous avons des difficultés de soigner nos familles, nous avons des difficultés de payer les médecins, les enseignants, les infirmiers et tout le monde. Nous devons faire tout pour diminuer le cout des élections dans notre pays. Et si l’une des voies pour y arriver c’est aller vers le seuil, je pense que ce n’est pas mauvais pour nous. Par rapport à la machine à voter, je leur ai dit que peut-être nous pouvons l’appeler imprimante des bulletins de vote. Parce que, vous effectuez votre vote, et la machine imprime le bulletin voté, votre vote. Moi comme candidate, ça me rassure parce que ça ne va pas me détourner mes voix, parce que, la machine conservera mon vote et je verrais mes bulletins qui se trouveront dans l’urne. Voilà les sujets que nous avons débattus à bâton rompu ».

Mme le questeur de l’Assemblée nationale a poursuivi que « La loi est déjà votée au niveau de l’Assemblée nationale. Elle se trouve aujourd’hui au niveau du Sénat. Et que nous pouvons faire la même démarche au niveau du Sénat. Si les deux chambres arrivent à voter à des termes différents, la loi rentrera à la commission mixte paritaire, là on pourra conclure. Cela dépendra du schéma que va prendre le Sénat. Mais je pense qu’elles doivent aussi chercher, comme la loi est au Sénat, pour qu’on réintègre l’article qui concerne la participation des femmes sur les listes électorales, de faire la même démarche au niveau de la Chambre haute du Parlement, pour pouvoir réintégrer l’article qui demande à ce que les femmes soient intégrées sur les listes électorales en parité ».

La paix comme clé du plaidoyer

Au sortir de cette audience, la représentante de la délégation, Mme Solange Lusiku a confié à la presse ce qui suit : « La Dynamique des femmes en action pour la paix durable regroupe les femmes du Nord Kivu, du Sud-Kivu, et celles de Kinshasa, éprises de paix. Cette dynamique est porteuse d’un plaidoyer autour de l’actualité de l’heure en République démocratique du Congo, en rapport avec les projets de loi qui doivent faire l’objet de vote. Un plaidoyer qui a comme mot clé la paix ».

Cette femme leader de l’Est de la Rdc s’explique en ces termes : « Nous venons de l’Est de la Rd Congo, cette partie du pays qui a connu beaucoup d’affres des guerres, beaucoup de problèmes liés aux conflits armés et à l’insécurité, nous avons compris que naturellement, comme le soleil se lève à l’Est, nous pouvons nous lever et venir avec cette petite bougie allumée, parler à qui de droit, au niveau des institutions étatiques et au niveau de différentes des missions diplomatiques ici à Kinshasa. Nous avons rencontré tour à tour, les ambassadeurs de la Belgique, de Suisse, de la Suède, du Canada, d’Espagne, et les deux Chambres du Parlement. Nous comptons également rencontrer la CENCO afin de faire part du contenu de notre plaidoyer qui touche des questions liées à la loi électorale qui a été votée récemment à la Chambre basse du Parlement, le projet de loi sur les Asbl, la loi sur la protection des défenseurs des droits humains… Et tout cela, avec comme soubassement, la Résolution 1325 des Nations Unies, qui parle de la participation, la prévention et la protection des femmes ».

Et surtout, poursuit-elle, « Nous sommes venues alerter l’opinion  sur cette nouveauté contenue aujourd’hui dans la Résolution 2348 des Nations Unies votée en mars dernier, qui reconnait les crimes commis à l’Est de la Rdc comme des crimes contre l’humanité, des crimes de guerre, et par-dessus tous, des crimes de génocide. Et nous pensons que c’est une opportunité qui nous est offerte pour que les Congolais que nous sommes, puissions prendre cette question en main, et réclamer notre droit à toute l’humanité qui témoin de toutes ces affres de guerre. Ce, pour qu’on nous rende justice et que les victimes soient remises dans leurs droits ».

Propos recueillis par Lepetit Baende