Politique

L’UDPS en congrès extraordinaire depuis hier à Kinshasa

Ces assises qui se clôture demain samedi, doivent pourvoir à la succession d’Etienne Tshisekedi à la tête de l’UDPS, parti réputé première force politique de l’opposition congolaise. L’objectif étant de combler le vide laissé par le sphinx de Limete depuis sa disparition. A l’issue de ce congrès extraordinaire de trois jours qui se tient à Limete, le parti des combattants compte ouvrir une nouvelle page de sa vie, avec des nouvelles structures.

Comme nous l’avions annoncé, le tout premier congrès extraordinaire de l’UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social), parti cher au Feu leader de l’Opposition congolaise, Etienne Tshisekedi wa Mulumba, s’est ouvert hier jeudi 07 décembre 2017 à Kinshasa. « Normalisation, réconciliation et revitalisation de l’UDPS pour la conquête démocratique du pouvoir » est le thème retenu pour ces assises.

Lesquelles ont pour mission essentielle de pourvoir à la succession, au poste du président du parti, laissé vacant à la suite du décès, le 1er février dernier, de l’opposant historique Etienne Tshisekedi. Et le Centre féminin Marie-Antoinette sur la 13ème Rue Limete industriel (où s’est tenu le congrès ordinaire de l’UDPS sous Etienne Tshisekedi) est le cadre choisi pour abriter ces travaux de trois jours qui se clôturent déjà demain samedi 09 décembre dans l’après-midi.

Les points inscrits à l’ordre du jour seraient l’adoption des statuts et règlement intérieur amendés, et surtout, l’élection d’un nouveau président du parti. L’enjeu majeur de ce grand rendez-vous de haute portée politique est de combler le vide juridique créé par la disparition du « sphynx de Limeté ». Et ce, conformément aux articles 26 et 29 des statuts de l’UDPS. Tous les cadres de l’UDPS, de la capitale comme ceux des provinces du pays, prennent part à ces assises.

Ces travaux ont été ouverts par discours du président du Conseil national provisoire (CNP), structure provisoire assurant le leadership du parti, mise en place à l’issue du dernier conclave de ce grand parti d’opposition en Rdc et qui a récolté un grand succès, tenu du 29 novembre au 1er décembre courant. Ce CNP a eu pour mission de préparer et convoquer le présent congrès extraordinaire. Mission qui prend fin à l’installation du nouveau président du parti élu par ce congrès extraordinaire.

Ainsi, M. Alfred Ndinga a dans son speech, circonscrit le contexte et le cadre de la tenue de ces assises de Limete. « Le parti a été frappé de paralysie par la disparition inattendue du leader historique. En plus, se sont ajoutés les atermoiements autour de l’organisation des obsèques qui attendent encore… Il a fallu, un moment, dans un sursaut de militantisme, que les combattants et combattantes de la base du parti se ressaisissent pour initier le processus qui nous a conduit à la convocation de ce congrès extraordinaire du parti », a-t-il rappelé à ses camarades.

En effet, a-t-il poursuivi, « le parti s’est retrouvé devant un vide juridique, quant à la structure habilitée à convoquer le congrès extraordinaire conformément à l’article 26 des Statuts en vigueur. Face à cette impasse juridique, seule une solution politique pouvait décanter la situation. C’est ainsi que, sur l’initiative des fédérations provinciales, un conclave réunissant les représentants de toutes les forces vives du parti, a été convoqué pour mettre en place un leadership provisoire consensuel, appelé Conseil national provisoire (CNP), revêtu des prérogatives de la structure intérimaire prévues par l’article 26 des Statuts sus-évoqués. Ainsi, en toute légitimité, ce CNP, fort de la confiance lui exprimée par la base et l’élite du parti, réunit en conclave du 29 novembre au 1er décembre 2017, a convoqué ce jour, le premier congrès extraordinaire de l’histoire du parti. Au cours de ce congrès, le parti va ouvrir une nouvelle page de sa vie ».

Et à M. Alfred Ndinga de déclarer : « Nous attendons à l’issue de ces assises, les nouvelles structures soient rapidement mises en place et que les activités du parti reprennent normalement dans un nouvel élan ». Il a exhorté à cette occasion, chacun des membres de l’UDPS, de reprendre le flambeau de la lutte « pour redorer le blason terni, et tourner le regard vers les nouvelles perspectives, en se fixant toujours à l’esprit, l’ultime objectif qui est la conquête et la conservation du pouvoir d’Etat. Ce pouvoir, nous voulons également le conquérir par des voies démocratiques. Les échéances électorales prochaines se présentent ainsi devant nous comme un défi à relever ».

Dans son mot de circonstance, le Premier ministre Bruno Tshibala a rappelé à ses camarades du parti UDPS que ce premier congrès extraordinaire de leur parti s’ouvre dans un contexte politique et social exceptionnel ; la disparition d’Etienne Tshisekedi, l’Accord politique du 31 décembre 2016, la nomination du Gouvernement d’union nationale, discorde politique au sein de l’UDPS, la publication du calendrier électoral par la CENI…

Lequel contexte, a indiqué le Chef du Gouvernement d’union nationale, a créé des défis complexes que ce congrès extraordinaire doit relever « dans l’intérêt supérieur de notre parti ». Ainsi, a-t-il conscientisé les membres de l’UDPS, après avoir décrit en peu de mots la malheureuse situation de crise que traverse leur parti : « Nous devons donc surmonter nos querelles internes et donner à notre parti des nouveaux organes dirigeants, et des nouvelles règles de fonctionnement fondées sur le respect des principes démocratiques et de nos valeurs morales et politiques de gauche… Nous avons donc le devoir sacré, cette fois-ci, d’être à la hauteur des missions que le peuple congolais nous a confiées dans le cadre du Gouvernement d’union nationale ».

Pour Bruno Tshibala, l’organisation des élections générales en 2018 exige que l’UDPS se mette rapidement en ordre de bataille, en vue d’obtenir des bons résultats à l’issue de ces scrutins. « Ce premier congrès extraordinaire de l’UDPS doit être un congrès de réunification et de rappel de toutes les troupes des combattants du parti ; un congrès pour enterrer définitivement les rancœurs et des frustrations qui ont divisé et affaibli le parti ; un congrès de revitalisation du parti ; un congrès pour mettre l’UDPS en ordre de bataille en vue de conquérir démocratiquement le pouvoir aux prochaines élections », a enfin déclaré le Premier ministre.

LB